Gestion de crise : ce que 18 ans de terrain m’ont appris

  • Gestion de crise : ce que 18 ans de terrain m’ont appris

    Par Sébastien Soularue · Formateur expert, ex-instructeur CNEFG Gendarmerie nationale

     

    On me demande souvent ce qui différencie une formation en gestion de crise réellement efficace d’une formation théorique. La réponse tient en une phrase : la différence entre savoir comment réagir et avoir réagi.

    Pendant 18 ans au CNEFG de Saint-Astier — centre de référence national de la gendarmerie pour la gestion de crise et le maintien de l’ordre — j’ai formé des hommes et des femmes à tenir sous pression. Pas dans une salle de cours. Sur le terrain.

    Ce que la pression fait au corps et au cerveau

    La première chose que le terrain apprend, c’est que la pression n’est pas un état mental. C’est un état physiologique. Quand une situation bascule, le cerveau limbique prend le dessus sur le cortex préfrontal — celui qui raisonne, qui planifie, qui communique.

    En clair : sous stress intense, vous ne pensez plus de la même façon. Vous réagissez avec ce que vous avez automatisé. Pas avec ce que vous avez appris en formation PowerPoint.

    Ce n’est pas le plus intelligent qui résiste en situation de crise. C’est celui qui a le plus entraîné ses automatismes.

    Les trois erreurs les plus fréquentes en situation de crise

    1. Vouloir tout contrôler immédiatement

    Le premier réflexe sous pression est souvent de vouloir reprendre le contrôle total de la situation. C’est contre-productif. La priorité n’est pas le contrôle — c’est la stabilisation. Réduire l’escalade, sécuriser les personnes, acheter du temps.

    1. Négliger sa propre régulation

    Un soignant, un agent de sécurité ou un encadrant qui ne gère pas sa propre réaction physiologique devient lui-même un facteur d’aggravation. La gestion de crise commence par soi. C’est exactement ce que les Techniques TOP® permettent — réguler son niveau d’activation en quelques minutes.

    1. Communiquer comme en temps normal

    En situation dégradée, la communication habituelle ne fonctionne plus. Les mots qui calment en temps normal peuvent aggraver sous stress. Apprendre à communiquer sous pression — voix, posture, vocabulaire — est une compétence qui s’entraîne.

    Ce que la formation peut — et doit — apporter

    Une bonne formation en gestion de crise ne vous apprend pas à ne pas avoir peur. Elle vous apprend à agir malgré la peur. Elle ancre des automatismes, des protocoles, des repères — qui restent accessibles même quand le cortex préfrontal est débordé.

    C’est pourquoi mes formations intègrent systématiquement des mises en situation, des simulations progressives et les outils TOP® comme socle de régulation du stress.

    Parce qu’une crise ne s’improvise pas. Elle se prépare.

     

    Sébastien Soularue

    Formateur expert en gestion de crise · Au Fil d’Harmonie · Certifié Qualiopi

    06 26 84 30 91 · sebastiensoularue@gmail.com

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